C'est parce que Louis PETRIAC avait pris conscience que l’on racontait souvent tout et à peu près n’importe quoi à propos du métier
d’écrivain public qu'il a, un jour, entrepris de devenir éditeur. Rien de bien surprenant après avoir longtemps proposé ses compétences de nègre ! "On ne devrait pas donner de faux
espoirs aux gens ni les inciter à suivre un cursus universitaire parfois ruineux, encore moins les orienter vers une activité s’ils ne sont pas faits pour l’exercer ou s’ils n’en n’ont pas la
possibilité matérielle !" confiait-il à Adminet à l'automne 2006 lors de la publication de AU-DELA DE LA PASSION.
C’est d'ailleurs pour l’ensemble de ces raisons qu'il a voulu consacrer un ouvrage à une profession qu'il avait exercée dix-sept années années durant. Sans jamais en retirer un soupçon d'aisance matérielle, ce qui lui aurait permis, un jour, de décrocher en faisant valoir l'âge. Après avoir reçu ou accepté de répondre depuis son installation à plus de trois cents personnes qui avaient une vision complètement erronée de ce qu’elle recoupait, son but était aussi, après avoir connu quinze années auparavant l’exclusion, de donner une certaine vision d’espoir sans laisser perdurer des idées qui n’ont pas leur place dans le débat.
Cet ouvrage, écrit au moment même du lancement de sa nouvelle activité d'Editeur, aide à comprendre les raisons même qui ont précipité ce dernier choix et pourquoi il convenait de mettre un terme à une illusion ! Proposé à 14 euros, AU-DELA DE LA PASSION publié chez Decal’âge Productions (ISBN 2-9624117-2-7) voici un peu plus de trois ans n’est pas un ouvrage de plus sur la profession d’écrivain public, c’est un témoignage décapant où des anecdotes parfois truculentes et acides illustrent parfaitement de la difficulté d’une activité que l’on s’est plu à enfermer dans un mythe et qui doit absolument en sortir. Si toutefois elle y parvient un jour ! Il fallait interpeller par un langage dépouillé d'artifices et, par un parler sans concession, dire pourquoi une telle décision d'arrêter avait été prise.
« D'où je me trouvais, privé de mes lunettes de myope qui s'étaient cassées quelques jours plus tôt lors de mon admission à l'hôpital, je
ne distinguais pas grand-chose. Du moins au loin. L'atmosphère ouatée, saisissante sous les arbres centenaires qui bordaient l'allée que nous avions empruntée, ajoutait au mystère de l'ensemble
un je ne sais quoi d'inquiétant. J'avais l'impression d'être déjà capté par cet environnement presque irréel, aspiré, avalé... Bien qu'il fût un peu plus de sept heures du soir, tout semblait
étrangement désert, abandonné. je ne savais pas encore où je venais d'atterir, ni si nous venions de pénétrer dans le parc d'un hôpital, tellement celui-ci me semblait situé hors du temps et
échapper à toute comparaison possible avec d'autres unités de soins...»
C'est aussi parce qu'il s'était lassé de voir colporter quantité d'inexactitudes à propos des maquisards et de cette guerre à laquelle il avait participé que le Trélissacois
Robert SUDEY dit "La Torpille" a, un jour, pris la décision de construire le récit de ce qui l'avait vu s'engager face à un danger permanent. Sans doute l'envie de raconter ce qu'avait été
sa guerre à lui a-t-elle été la plus forte ! 


